Miroir de pierre / Miroir d’eau

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stone mirror

Miroir de pierre / Miroir d’eau par Clelia Ifrim,
illustré par 10 dessins effectués par l’auteur.

 

Je préfère bien évidemment passer en revue des livres que j’aime ou que j’apprécie. Devoir  exprimer mon point de vue sur le travail d’un(e) autre, surtout quand je sais quelle somme de labeur représentent ces efforts,  me met sous pression pour la journée. Et c’est tellement agréable d’ouvrir un livre tel que Miroir de pierre / Miroir d’eau et de trouver le premier haiku si merveilleux :

Miroir de pierre –
la pluie polit
ses propres traces

Voilà ! Cela semble si simple, et c’est tellement parfait ! Pourquoi chaque haiku n’a t-il pas cette vérité, cette perfection en lui ? Pour moi, trouver tout simplement  un excellent haiku dans un livre suffit pour rendre agréables toutes les choses du reste de la journée. Mais ce n’est pas tout, Miroir de pierre / Miroir d’eau offre bien plus.

Parsemés entre les haikus (un par page) et les dessins de la taille de la page (un par page)se trouvent les haibun. Souvent, je me suis sentie fatiguée, inspirant une bouffée d’air alors que je me préparais à lire un autre haibun – tout en sachant déjà que je m’ennuierais à mourir avant d’arriver au haiku final. Rien de tel dans Miroir de pierre / Miroir d’eau ! J’aime la prose de Clelia Ifrim.

Les gens écrivent et parlent de la manière d’écrire un haibun dans un “style haiku”, et tentent de le réaliser au travers de phrases incomplètes et d’une ponctuation farfelue. Le haiku  chez Clelia ifrim – tout comme son écriture, vient de son être intérieur. Son sujet et sa manière de voir les incidents dans sa prose, contiennent cette voie simple et lâche du haiku. En pensant et ressentant profondément, elle est capable de dire les choses les plus extravagantes d’une manière simple et de faire plaisir au lecteur prêt à les croire. Je ne sais pas si c’est une compétence qu’on peut apprendre ou si cette femme possède l’esprit du haiku dans tout ce qu’elle écrit. En tous cas, elle le fait ! et les auteurs de haibun devraient étudier son travail pour voir ce que l’on peut faire dans ce genre. Même si vous n’avez pas l’intention d’écrire comme Clelia Ifrim, procurez-vous son livre, ne serait-ce que pour apprécier ses haikus et admirer les haibun entre les mains d’un maître. Un réel enchantement !

Jane Reichhold

Traduction : Nicole Pottier

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